- Conséquences psychologiques
- Pourquoi la reconnaissance de la douleur est-elle si importante?
Parce que la douleur est souvent invisible, les personnes qui vivent avec une douleur chronique sont fréquemment confrontées au scepticisme, au doute par rapport aux plaintes et aux préjugés. Cela rend leur situation encore plus difficile. La reconnaissance – par les soignants, la famille ou les collègues – est une première étape vers un mieux-être. Elle permet de raconter son vécu, de trouver du soutien et de chercher ensemble des solutions.
- Comment mieux faire face à l’incompréhension de votre entourage?
Quelques pistes qui peuvent aider:
- fixez des limites claires
- expliquez brièvement ce qu’est la douleur chronique
- demandez concrètement du soutien
- entourez-vous de personnes qui comprennent ce que vous traversez
Vous n’avez pas à tout porter seul(e).
-
- Comment expliquer aux autres ce qu’est la douleur chronique?
Utilisez des comparaisons simples :
- "Mon système nerveux est trop sensible et répond trop fort."
- "C’est comme si l’alarme incendie se déclenchait trop facilement."
- "Je ressens de la douleur, mais cela ne signifie pas qu’il y a un dommage."
Une explication courte et claire fonctionne souvent le mieux.
- La douleur chronique peut-elle avoir un impact sur mes relations sociales?
Oui. La douleur peut entraîner moins d’énergie, une réduction des activités sociales, des frustrations ou une distance émotionnelle – y compris dans les relations les plus proches. Une communication ouverte et de la compréhension mutuelle peuvent beaucoup aider. Dans certains cas, la thérapie de couple ou des groupes de soutien entre personnes vivant des expériences similaires peuvent également être utiles.
- Comment le soutien entre pairs peut-il aider?
Il permet de réduire :
- l’isolement
- le sentiment de honte
- l’incompréhension
- le stress
Et d’augmenter :
- le sentiment de reconnaissance
- le soutien
- la motivation
- la confiance
Il peut constituer un pilier important du rétablissement et de l’auto-gestion.
- Mon entourage peut-il apprendre à comprendre ce que je traverse?
Oui, et cela peut faire une vraie différence. L'entourage peut s'informer sur la douleur chronique, lire des témoignages, ou participer à des séances d'éducation à la douleur. Comprendre que la douleur est réelle même sans lésion visible, et que certains jours sont plus difficiles que d’autres, aide à mieux adapter son soutien. Une communication ouverte et des limites claires sont également importantes.
- La douleur chronique est-elle la même chose que la dépression?
La douleur chronique et la dépression sont deux conditions distinctes, mais elles coexistent fréquemment. Vivre avec une douleur persistante augmente le risque de développer une dépression, et la dépression rend à son tour la douleur plus difficile à gérer – notamment parce qu’elle modifie la façon dont le cerveau traite les signaux de douleur.
- Qu’est-ce que la catastrophisation?
La catastrophisation est la tendance à orienter involontairement ses pensées vers le pire scénario face à la douleur – "ça ne va jamais s’améliorer", "il y a sûrement quelque chose de grave". Ces pensées entretiennent un état d’inquiétude et de vigilance qui peut amplifier la perception de la douleur et le maintien du système nerveux dans un état d’alerte. Ce n’est pas un choix, mais une réaction apprise qui peut modifiée grâce à un accompagnement psychologique.
- Quelle est la différence entre la douleur et la souffrance?
La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, produite par le cerveau mais ressentie dans le corps, et influencée par des facteurs psychologiques et sociaux. La souffrance désigne l’impact plus large que cette douleur a sur la vie – émotionnellement, socialement, dans le rapport à soi-même et aux autres. Ces deux dimensions sont liées mais distinctes. Grâce à l’éducation, aux compétences, au soutien et à l’acceptation, la souffrance peut diminuer, même si la douleur ne disparaît pas complètement.
- La douleur chronique influence-t-elle mes émotions?
Oui. La douleur prolongée augmente le risque de:
- tristesse
- anxiété
- irritabilité
- frustration
- isolement social
- pensées suicidaires
Ce n’est pas une faiblesse personnelle, mais une réaction compréhensible à une charge prolongée. Un accompagnement psychologique peut apporter un soulagement significatif. Si vous ressentez des pensées suicidaires, parlez-en à votre médecin ou contactez une ligne d'écoute spécialisée – vous n'avez pas à traverser cela seul(e).
- Dois-je me résigner à ma douleur?
Non, et il est important de distinguer résignation et acceptation. La résignation, c’est subir passivement. L'acceptation, c’est reconnaitre la réalité de la douleur sans la laisser dicter entièrement sa vie. Beaucoup de gens trouvent, avec le temps, de nouvelles façons de mener une vie active et épanouissante, même si la douleur ne disparaît pas complètement.
- Et si les autres ne comprenaient pas ma douleur?
La douleur chronique est souvent invisible, ce qui peut rendre difficile pour l’entourage de comprendre ce que vous vivez, voire d’y croire. C’est une réalité fréquente. L'information, une communication ouverte et les contacts avec d'autres personnes dans la même situation peuvent aider. La douleur est bien réelle, même si les autres ne la voient pas.
- Mode de vie
- La douleur chronique peut-elle entraîner une peur du mouvement?
Oui. Face à la douleur, il est naturel d'éviter les mouvements qui semblent l'aggraver. Mais cet évitement peut progressivement s'étendre et devenir une véritable peur du mouvement, appelée kinésiophobie. Grâce à une exposition progressive, à l’éducation à la douleur et à un accompagnement professionnel, cette peur peut fortement diminuer.
- Quel est le lien entre la sexualité et la douleur?
Chez certaines personnes, la douleur peut augmenter pendant ou après les rapports sexuels. La sexualité peut être douloureuse notamment en cas de troubles du plancher pelvien, de fibromyalgie, de lombalgie ou de douleurs liées à des tensions musculaires. Une bonne communication, la détente, le fait de prendre son temps et, parfois, l’aide d’un(e) sexologue ou d’un(e) kinésithérapeute spécialisé(e) du plancher pelvien peuvent aider.
Mais… pendant les rapports sexuels – en particulier lors de l’orgasme – le corps libère aussi des endorphines. Ce sont des antalgiques naturels, comparables aux opioïdes, produits par l’organisme. Les endorphines peuvent temporairement :
- réduire la douleur
- diminuer le stress
- favoriser la relaxation musculaire
- améliorer l’humeur
La sexualité, au sens large – intimité, toucher, câlins – stimule également la libération d’ocytocine, une hormone ayant un effet apaisant, pouvant aider à réduire temporairement la douleur et le stress.
- Et si je ne parviens plus à faire mon travail?
Ne pas pouvoir continuer à travailler comme avant est une réalité difficile à vivre – sur le plan pratique, mais aussi pour l'estime de soi et le sentiment d'identité. Parlez-en avec votre médecin, le médecin du travail ou un service de réintégration professionnelle. Une reprise partielle, des aménagements ou un changement de fonction peuvent parfois éviter beaucoup de stress. Vous n’avez pas échoué si vous devez adapter votre travail à votre santé.
- Qu’est-ce que le graded activity et le graded exposure?
Ces deux approches, utilisées en kinésithérapie et en psychologie de la douleur, visent à reprendre progressivement les activités et les mouvements de façon sécurisée.
Graded activity : augmentation progressive des activités selon un programme structuré, indépendamment de la douleur ressentie.
Graded exposure : cible spécifiquement la peur du mouvement : en s’exposant graduellement et de façon contrôlée et sécurisée aux mouvements ou situations redoutés, la peur diminue progressivement.
Ces deux approches contribuent à réduire l’hypersensibilité du système nerveux et à restaurer une relation plus normale au mouvement.
- La pleine conscience (mindfulness) peut-elle aider en cas de douleur chronique?
Oui. La pleine conscience apprend à entrer en relation autrement avec la douleur : moins dans la lutte, plus dans l’attention consciente. Elle permet de réduire le stress et les processus de sensibilisation. Ce n’est pas une solution miracle, mais une approche scientifiquement étayée lorsqu’elle fait partie d’une prise en charge globale.
- Le sommeil peut-il influencer ma douleur?
Oui. Un mauvais sommeil augmente la sensibilité à la douleur. La douleur chronique, à son tour, perturbe le sommeil. Rompre ce cercle vicieux - grâce à l’hygiène du sommeil, à un rythme régulier et des techniques de relaxation - peut souvent apporter une amélioration notable.
- Qu’est-ce que le pacing?
Le pacing consiste à répartir, planifier et adapter ses activités en fonction de son niveau d’énergie, ni trop, ni trop peu. Dans la douleur chronique, beaucoup de personnes alternent entre des périodes de suractivité quand elles se sentent mieux, et des périodes d’épuisement qui aggravent la douleur. Le pacing aide à rompre le cycle « en faire trop → s’effondrer » (push–crash) et favorise un fonctionnement plus stable et plus durable.
- Quel est le rôle de l’alimentation dans la douleur chronique?
L’alimentation peut influencer l’inflammation, le niveau d’énergie et l’humeur. Une alimentation équilibrée, riche en protéines, légumes, fruits et graisses saines, soutient la récupération. Les régimes drastiques ou les règles alimentaires extrêmes sont rarement utiles. Certaines personnes sont sensibles à certains aliments. Parlez-en avec un professionnel de la santé.
- Pourquoi ma douleur est-elle parfois plus forte certains jours?
Les variations de la douleur sont normales et font partie de la réalité de la douleur chronique. De nombreux facteurs peuvent les influencer :
- le stress et les émotions
- la fatigue et la qualité du sommeil
- les hormones
- l’activité physique
- les changements de météo (indirectement via les muscles, l’humeur ou le sommeil)
Ces fluctuations ne signifient pas que votre état s’aggrave. Elles reflètent surtout la sensibilité variable du système nerveux et les nombreux facteurs biologiques, psychologiques et sociaux qui l’influencent.
- Que puis-je faire moi-même pour réduire ma douleur?
Beaucoup de choses sont entre vos mains. Les approches les mieux documentées sont:
- Mieux comprendre sa douleur – l’éducation à la douleur est un point de départ essentiel
- Bouger régulièrement, à son rythme
- Pratiquer le pacing et respecter ses limites
- Soigner son sommeil
- Gérer le stress et les tensions
- Maintenir les liens sociaux
- Adopter une alimentation équilibrée
Ces stratégies sont développées en détail dans la section autogestion de ce site. - Quel rôle joue le stress dans la douleur chronique?
Le stress déclenche le système d'alarme de l'organisme. Lorsque le stress persiste, il peut rendre le système de perception de la douleur plus sensible. La réduction du stress est donc un élément important de la prise en charge de la douleur, mais le stress n'est pas la cause de la douleur.
- Et si j'ai plus mal après avoir fait de l'exercice?
Il est fréquent de ressentir une augmentation temporaire de la douleur après l'exercice – et cela peut être décourageant. Cette réaction ne signifie pas que vous vous êtes blessé ou que l'exercice vous est néfaste. C'est souvent le système nerveux, déjà hypersensible, qui réagit à un effort inhabituel. Dans la douleur chronique, les mécanismes naturels de réduction de la douleur par le mouvement fonctionnent parfois moins bien qu'ils ne le devraient – ce qui peut expliquer pourquoi certaines personnes ressentent cette réaction de façon particulièrement marquée. On parle alors d'intolérance à l'exercice. Une règle simple: si la douleur s'atténue dans les 24 à 48 heures et que vous ne ressentez pas de nouvelles limitations dans vos mouvements, c'est le signe que votre corps s'adapte normalement. En faire trop et trop vite peut provoquer cette réaction – adaptez votre rythme, mais n'arrêtez pas complètement. Un programme bien conçu permet de reprendre progressivement les activités, de réduire la sensibilité du système nerveux et de regagner confiance dans les capacités de son corps. Si cette réaction est particulièrement forte ou persistante, parlez-en à votre kinésithérapeute : c'est le signe d'adapter l'intensité, pas d'abandonner.
- Traitement
- Ma douleur est-elle chronique parce que mon traitement a commencé trop tard?
Pas nécessairement, et il est important de ne pas se culpabiliser à ce sujet. La douleur chronique résulte d'une interaction complexe entre facteurs biologiques, psychologiques et sociaux – pas uniquement de ce qui s'est passé au moment où la douleur a commencé, ni des traitements reçus à ce moment. Une prise en charge globale et précoce, tenant compte de ces différentes dimensions dès l'apparition de la douleur, peut contribuer à réduire le risque de chronicisation. Mais même avec une prise en charge adéquate, certaines personnes développent une douleur chronique. L'essentiel est ce qu'on peut mettre en place maintenant.
- La chaleur ou le froid peuvent-ils aider en cas de douleur?
Les deux peuvent être utiles, selon la situation.
La chaleur est généralement préférable pour les douleurs musculaires, de raideurs et de spasmes, mais elle peut également soulager certaines formes de douleurs nerveuses liées à la tension musculaire qu’elles peuvent engendrer.
Le froid est généralement plus efficace en cas de blessures aiguës ou d'affections accompagnées d'inflammation, de sensibilité, de gonflement ou de lésions récentes.
La chaleur est souvent plus agréable en cas de douleur chronique. Dans tous les cas, choisissez ce qui vous convient le mieux.
- Les thérapies alternatives sont-elles utiles?
Certaines thérapies complémentaires disposent d’un niveau de preuve raisonnable pour certaines indications (comme la pleine conscience et le yoga pour la gestion du stress et de la douleur). D’autres disposent de peu ou pas de preuves scientifiques. L’important est qu’elles soient sûres et qu’elles soient utilisées en complément des approches dont l’efficacité est démontrée, être sûres, et n’entraîner ni risque ni dépenses disproportionnée par rapport aux bénéfices attendus.
- Où puis-je trouver de l’aide?
Le point de départ est généralement votre médecin généraliste, qui peut évaluer votre situation et vous orienter vers les professionnels les plus adaptés. Selon votre situation, différents intervenants peuvent contribuer à votre prise en charge:
- Kinésithérapeute / physiothérapeute
- Psychologue spécialisé(e) dans la douleur
- Médecin spécialiste
- Cliniques de la douleur et centres multidisciplinaires de la douleur
- Groupes de soutien entre personnes concernées ou des associations
- Ressources en ligne fondées sur des données scientifiques
N'hésitez pas à demander à votre médecin de vous orienter vers les ressources disponibles dans votre région.
- Les antalgiques puissants comme les opioïdes sont-ils une bonne solution?Les opioïdes peuvent être utiles dans certaines situations, notamment pour la douleur aiguë ou la douleur liée au cancer. Dans la douleur chronique non cancéreuse, leur efficacité est généralement limitée et leur utilisation prolongée comporte des risques: tolérance, dépendance, et même une augmentation de la sensibilité à la douleur – phénomène appelé hyperalgésie induite par les opioïdes. C’est pourquoi leur prescription dans la douleur chronique doit être soigneusement évaluée, encadrée et réévaluée régulièrement par votre médecin.
- Quels traitements aident en cas de douleur chronique?La prise en charge de la douleur chronique repose idéalement sur une approche biopsychosociale et multidisciplinaire. Les approches les mieux documentées, et donc à privilégier en première intention sont:
- L’éducation à la douleur
- La kinésithérapie et l’exercice thérapeutique
- L’accompagnement psychologique
- Les stratégies d’autogestion (pacing, sommeil, gestion du stress)
- Les médicaments selon le type de la douleur. Dans la douleur neuropathique spécifiquement, les médicaments agissant sur le système nerveux (antidépresseurs, antiépileptiques) occupent une place centrale dès la première ligne de traitement
- Les techniques interventionnelles, pour des indications très ciblées.
Les meilleurs résultats sont obtenus avec une combinaison adaptée à chaque situation – il n'existe pas de solution universelle.
- Douleur chronique
- Les informations de ce site sont-elles toujours exactes?Nous nous appuyons sur les données scientifiques actuellement disponibles. Mals la science de la douleur évolue, es recommandations s’affinent, et il existe des sujets sur lesquels les experts ne s’accordent pas unanimement. Ce site reflète l'état actuel des connaissances, sans prétendre à la vérité définitive. Nous avons pour ambition de mettre le contenu à jour régulièrement.
- Qu’est-ce qu’un trouble douloureux fonctionnel?Les troubles neurologiques fonctionnels sont des affections dans lesquelles le système nerveux ne fonctionne pas normalement, sans qu'une lésion structurelle identifiable n'en soit la cause. Ils sont reconnus comme de véritables maladies neurologiques, distinctes des simulations ou des troubles purement psychologiques. Les troubles douloureux fonctionnels en font partie : ce sont des situations où la douleur est réelle et persistante, mais ne peut pas être expliquée par une lésion des tissus ou du système nerveux. Ils sont également appelés troubles à symptômes somatiques avec douleur ou syndromes somatiques fonctionnels. Ils se recoupent partiellement avec le concept de douleur nociplastique – un système nerveux hypersensible qui amplifie les signaux douloureux – mais sont une catégorie diagnostique plus large, qui peut impliquer d'autres mécanismes. Dans tous les cas, la douleur est bien réelle. Elle n’est pas imaginaire ni simulée. Elle mérite d'être reconnue et prise en charge.
- Peut-on mesurer la douleur?
La douleur est mesurable, mais uniquement à travers l’expérience de la personne elle-même - il n’existe pas de "thermomètre de la douleur" objectif. La douleur est personnelle et subjective. La référence essentielle pour mesurer la douleur est donc ce que la personne dit elle-même.
Une échelle couramment utilisée est l’échelle numérique de 0 (pas de douleur) à 10 (douleur insupportable). Il n’y a pas de mauvais chiffre : c’est votre expérience qui compte.
Chez les personnes qui ont du mal à exprimer leur douleur (par exemple les bébés ou les personnes atteintes de démence), on se base sur des signes indirects comme l’expression du visage, la posture, l’agitation ou le retrait, ainsi que la respiration et le rythme cardiaque.
- L’intensité de la douleur correspond-elle à la gravité de ma maladie ?
Non. Dans la douleur chronique, l’intensité reflète surtout la sensibilité du système de la douleur, et pas nécessairement l’ampleur des lésions ou la gravité de la maladie.
Dans certaines situations de douleur chronique secondaire (par exemple une inflammation active, une compression nerveuse ou un cancer), l’activité de la maladie peut contribuer à la douleur. Mais même dans ces cas, la sensibilité du système nerveux joue un rôle important dans la façon dont la douleur est ressentie.
En revanche, une douleur nouvelle, soudaine, ou très différente de l’habituel mérite d’être signalée et évaluée par un professionnel de santé.
- La douleur peut-elle être expliquée par des "marqueurs inflammatoires" dans mon sang?
Pas dans les marqueurs classiques dosés dans une prise de sang. La douleur chronique s’accompagne souvent d’une inflammation de bas grade qui n’est pas détectable par ces analyses standards. Des résultats normaux n’excluent pas la réalité de la douleur.
- La douleur chronique est-elle visible sur les scanners et l’imagerie médicale?
Non – et c'est important à comprendre: l'imagerie médicale (scanner, IRM, radiographie) ne visualise pas la douleur. Elle visualise des structures anatomiques – os, disques, tissus. Elle est utile pour rechercher une cause de douleur chronique secondaire. Mais une douleur chronique liée à un dysfonctionnement du système nerveux ne laisse aucune trace visible à l’imagerie. Des résultats normaux ne signifient donc pas que la douleur n’existe pas.
- La douleur chronique influence-t-elle le système immunitaire?
Oui. La douleur chronique s’accompagne souvent d’une inflammation de bas grade, de déséquilibres hormonaux et de réponses au stress. Inversement, le système immunitaire peut augmenter la sensibilité à la douleur. Il s’agit donc d’une interaction réciproque. C’est une des raisons pour lesquelles la douleur chronique affecte la santé de façon globale.
- Comment parler de la douleur chronique avec mon médecin?
Se préparer à la consultation médicale permet d'en tirer le meilleur parti. Quelques conseils:
- Notez vos principales questions
- Décrivez ce qui influence votre douleur
- Précisez vos objectifs (par exemple marcher, dormir, travailler)
- Soyez honnête concernant les médicaments, les émotions et vos limites
Une relation de confiance avec votre médecin fait une vraie différence. N'hésitez pas à exprimer ce qui ne fonctionne pas et à demander des explications sur ce que vous ne comprenez pas.
- La météo et la température ont-elles une influence sur la douleur?
Beaucoup de personnes ressentent davantage de douleur par temps froid, humide ou orageux. Scientifiquement, l’effet est modeste et indirect, mais bien réel pour de nombreux patients (via la tension musculaire, l’humeur ou le sommeil). Vous n’inventez rien: cette influence du temps sur la douleur est largement reconnue par les patients et les cliniciens.
- Les douleurs liées à la fibromyalgie sont-elles "réelles"?
Oui. La fibromyalgie est due à une douleur nociplastique, c’est-à-dire à un dysfonctionnement du système de la douleur. C’est une affection médicale reconnue par les sociétés scientifiques internationales (IASP, OMS). La douleur associée à la fibromyalgie est aussi réelle que dans toute autre maladie – même si elle n'est pas visible à l'imagerie ou dans les analyses.
- Ma douleur est-elle dangereuse?
Dans la douleur aiguë, la douleur est un signal d’alarme utile. Dans la douleur chronique, ce signal est devenu hypersensible et peu fiable. Ressentir de la douleur ne signifie pas nécessairement qu’il y a un danger ou une lésion.
Cela dit, toute douleur nouvelle, soudaine, ou très différente de l'habituel mérite d'être signalée à un professionnel de la santé – pour s'assurer qu'il ne s'agit pas d'une nouvelle cause identifiable.
La douleur chronique en elle-même n’est pas dangereuse au sens immédiat, mais lorsqu’elle est sévère et mal gérée, elle peut affecter la santé, le sommeil, l’activité physique et la santé mentale. Une prise en charge adaptée améliore non seulement la qualité de vie, mais aussi la santé générale.
- La douleur chronique peut-elle s’accompagner de fatigue et de troubles de la concentration?
Oui. Beaucoup de personnes ressentent un brouillard mental (brain fog), de la fatigue et une sensibilité accrue aux stimuli. Cela s’explique par :
- la consommation d’énergie liée à un système nerveux suractivé
- un sommeil perturbé
- le stress
- une capacité mentale diminuée car la douleur mobilise les ressources cognitives
- les effets secondaires de certains médicaments contre la douleur
Cela fait partie intégrante de la douleur chronique et ce n’est pas un signe de faiblesse.
- La douleur chronique peut-elle être héréditaire?
La douleur chronique en soi n'est pas directement héréditaire, mais la sensibilité à la douleur, les réactions au stress et certaines affections inflammatoires ou neurologiques peuvent avoir une composante génétique. L'hérédité joue donc un rôle, mais généralement en association avec des facteurs environnementaux.
- Que signifie "sensibilisation"?
La sensibilisation est le processus par lequel le système de la douleur devient hypersensible.
Votre cerveau, votre moelle épinière, et vos nerfs réagissent plus fortement aux stimuli : des mouvements ou des contacts normaux peuvent devenir douloureux.
Il s'agit d'un processus biologique, comparable à un détecteur de fumée qui se déclenche trop facilement.
- Peut-on guérir la douleur chronique?
Cela dépend de la cause et des mécanismes en jeu. Dans certains cas, une prise en charge adaptée permet une rémission complète. Dans d'autres, la douleur ne disparaît pas entièrement – mais elle peut devenir moins intense, moins envahissante, et avoir moins d'impact sur la vie quotidienne.
Ce qui est souvent possible, même sans guérison complète:- réduire l'intensité de la douleur
- mieux la gérer au quotidien
- améliorer votre fonctionnement physique et émotionnel
- retrouver une vie active et pleine de sens
Beaucoup de personnes constatent une amélioration de leur qualité de vie.
- La douleur chronique primaire est-elle d'origine psychologique?
La douleur chronique primaire n'est pas une douleur imaginaire. Elle résulte de modifications biologiques au niveau des nerfs, du cerveau, des muscles et du système immunitaire.
Les facteurs psychologiques peuvent certes influencer l'intensité avec laquelle la douleur est ressentie – tout comme le stress peut aggraver un mal de tête – mais ils n'en sont pas la cause.
- Pourquoi est-ce que j'ai mal alors que mes examens sont "normaux"?
C'est l'une des questions les plus fréquentes – et l'une des plus difficiles à vivre. L'imagerie médicale (scanner, IRM, radiographie) ne visualise pas la douleur. Elle visualise des structures anatomiques. Elle est utile pour rechercher une cause identifiable, mais une douleur chronique liée à un dysfonctionnement du système nerveux ne laisse aucune trace visible à l'imagerie.
De même, les marqueurs inflammatoires classiques dans une prise de sang peuvent être tout à fait normaux. L'inflammation de bas grade qui accompagne souvent la douleur chronique est trop subtile pour être détectée par ces analyses standards.
La douleur prend naissance dans le système nerveux, et non dans les tissus eux-mêmes. Si le « bouton d'alarme » est trop sensible, on peut ressentir de la douleur sans qu'il y ait de lésion. Les examens d'imagerie classiques n'excluent donc pas la présence d'une véritable douleur ; ils ne révèlent simplement aucune anomalie structurelle, ce qui est le cas dans la douleur chronique primaire.
Questions fréquentes (FAQ)
Questions fréquentes (FAQ)
